ATELIER 6
Réduire le fossé entre ceux qui sont riches et ceux qui sont pauvres en termes d’accès à l’information :
les nouvelles technologies et l’avenir de l’éducation
- Co-organisation : Commonwealth of Learning (COL)
- Financement: Norvège et Finlande (sur le compte spécial du comité de suivi de Dakar)
- Participants au panel et modérateur : la liste sera distribuée au cours du CIE
- Elaboration du document de débat : Vis Naidoo (COL)
Document vidéo d’introduction : « L’Unité Mobile Internet » (Malaisie)
Résumé: Afin de familiariser les élèves et les enseignants malais aux nouvelles technologies d’information le projet MIU (Unité Internet Mobile) a été conçu. Un autobus a été transformé en véhicule d’apprentissage d’Internet équipé de toutes les installations nécessaires qui visite les régions rurales reculées du pays pour offrir aux enfants l’occasion d’avoir leur premier contact avec des ordinateurs.
ATELIER 6 DOCUMENT DE DEBAT
IntroductionLa technologie dispose d’un énorme potentiel pour améliorer l’apprentissage, l’enseignement, l’accès, la qualité, la gestion et la transmission. Toutefois, les promesses d’un tel potentiel constituent encore le sujet d’un débat et d’expérimentations rigoureux.
Le rôle envisagé pour les technologies d’information doit être considéré à l’intérieur du contexte de la globalisation. De plus en plus d’éléments de la globalisation (mouvement croissant de populations, de biens et de capitaux, libéralisation des marchés, extension accrue de la technologie) influent sur la manière dont les gouvernements interprètent les objectifs de l’Education Pour Tous et planifient les moyens d’y accéder. En voulant atteindre ces objectifs, de nombreux gouvernements identifient le besoin d’une plus grande équité, de plus de qualité et d’efficacité dans le système éducatif comme la première priorité. Alors que la demande croissante de plus d’éducation intervient dans un contexte où les gouvernements disposent de moins d’argent pour satisfaire cette demande, il y a une poussée vers une efficacité plus grande. La technologie a traditionnellement été considérée comme l’outil promis qui permet une plus grande efficacité dans le système éducatif.
Aujourd’hui, le domaine d’efficacité n’est pas seulement considéré comme l’administration et la gestion de l’éducation et la méthode d’enseignement mais aussi comme la qualité des méthodes d’apprentissage et d’enseignement. Cet atelier, en essayant de s’intéresser au fossé de l’information et de la technologie à l’intérieur du contexte éducatif, voudrait concentrer son attention sur les sujets suivants et sur d’autres qui y sont liés.
Concevoir des politiques capables de s’attaquer aux inégalités liées aux technologies d’information et de communication
L’utilisation des technologies d’information et de communication à l’intérieur du système d’éducation et de formation dépend de l’accès aux infrastructures d’information et de télécommunication dans le pays.
- La politique et les règles des technologies d’information et de communication favorisentent-elles leur utilisation à l’intérieur du système d’éducation et de formation ?
- Existe-t-il d’autres politiques et règles dans un pays qui entravent l’utilisation des technologies d’information et de communication à l’intérieur du système éducatif ?
- Par exemple, est-ce que les taxes d’importation restreignent l’importation du matériel et des logiciels nécessaires au système éducatif ?
- Existe-t-il des manières innovantes d’augmenter l’accès aux technologies d’information et de communication ?
- Quel type de politique et de structure de régulation permettrait le mieux de développer les infrastructures des technologies d’information et de communication et de les introduire dans le système éducatif ?
De nombreux mythes sont nés au sujet de la technologie. Un exemple classique de l’impact de la technologie sur la notion d’information est la création d’un fossé séparant ceux qui sont riches de ceux qui sont pauvres en termes d’accès à l’information. La question du fossé de l’information est clairement de savoir ce qui détermine ce qui fait que certains sont riches et d’autres pauvres en termes d’accès à l’information. Actuellement il y a une explosion de l’information surtout en provenance du monde développé.
- Ce fossé est-il une réalité ou un mythe ?
- Ceci implique-t-il que l’information et la connaissance en provenance des pays en voie de développement ne constituent pas des informations valables et par conséquent que le pays est pauvre en termes d’information ?
- Y-a-t-il des politiques qui peuvent encourager le développement, le traitement et l’utilisation de l’information et de la connaissance locales ?
Intégrer les individus et la technologie dans le système éducatif
Alors que le matériel et les logiciels sont nécessaires pour s’attaquer au fossé de l’information, l’exigence la plus importante est peut-être est celle du personnel chargé d’appliquer la technologie au système d’éducation et de formation. Il s’agit des élèves, des éducateurs, des administrateurs de l’éducation, et des parents.
- Quelles sont les stratégies visant à garantir que les personnes qui utilisent les technologies d’information et de communication pour soutenir le système éducatif sont impliquées dans le processus ?
- Comment peut-on encourager les parents à s’impliquer dans l’utilisation des technologies d’information et de communication à la maison et s’en servir pour inculquer des valeurs positives qui informent l’enfant et les générations futures ?
Les enseignants sont un autre groupe essentiel à l’intérieur du système d’éducation et de formation qui a besoin d’être soutenu dans ses efforts pour adopter les technologies d’information et de communication.
- Quelles stratégies efficaces sont utilisées pour encourager les enseignants à utiliser les technologies d’information et de communication en classe ?
- La nécessité est-elle de former aux technologies d’information et de communication ou existe-t-il un besoin d’autres formes de formation, telles que les compétences de compréhension et de gestion de l’information, les nouvelles stratégies d’enseignement pour inclure les technologies d’information et de communication, etc. ?
Certains diront que la technologie est plus susceptible de soutenir et de renforcer l’apprentissage de certaines matières. Des matières telles que la science, les mathématiques, l’électronique, la santé et les domaines tels que les laboratoires et les bibliothèques tirent profit de l’utilisation des technologies d’information et de communication.
- Cette affirmation reflète-t-elle la réalité des pays développés et des pays en voie de développement ?
- Existe-t-il des stratégies innovantes qui confortent ou remettent en cause cette affirmation ?
Choisir les technologies qui renforcent l’apprentissage et l’enseignement
Le processus visant à prendre des décisions quant au besoin de technologie est difficile. Cela, ajouté au large éventail de choix et d’options disponibles pour soutenir et dispenser du savoir a rendu ces décisions plus difficiles. Lorsqu’on observe que les ordinateurs personnels ont été d’abord introduits dans le système scolaire secondaire aux USA et au Canada en 1982 et dans le primaire en 1983, le problème est de savoir ce qui prouve que cela a amélioré les systèmes d’éducation et de formation dans ces pays et à l’intérieur des institutions.
- Etant donné le large éventail de technologies, comment décider quelles sont les technologies qui méritent un investissement ?
- Est-il nécessaire de repenser les technologies plus anciennes telles que la radio et la télévision en les utilisant d’une manière plus imaginative qu’elles ne l’ont été auparavant ?
- Y-a-t-il un type de technologie répondant aux besoins de tous les secteurs ou devrait-on être sélectifs dans l’emploi de technologies appropriées à des objectifs clairement définis [par exemple la radio pour dispenser un enseignement non- formel et l’Internet et/ou le CD ROM pour les programmes de développement professionnel ?
- L’investissement dans du matériel, des logiciels et du personnel est coûteux, mais est-il utile ?
- Quels sont les gains éducatifs qui ont été réalisés à travers l’introduction des technologies d’éducation ?
- Comment la technologie est-elle utilisée en classe, à l’école et dans le système éducatif ?
L’éducation à distance
Tous les pays font face à des demandes de davantage d’éducation : plus de formation continue, plus de places en école primaire, une expansion des collèges, et plus de professeurs mieux qualifiés. Plusieurs pays se sont engagés à utiliser l’éducation à distance comme un moyen de satisfaire ces besoins.
L’enseignement à distance peut utiliser une large gamme de technologies. Pendant la majeure partie du vingtième siècle elle a été dominée par les textes imprimés et cela demeure une ressource majeure pour les efforts d’éducation de nombreux pays en voie de développement. Une seconde vague a inclus l’usage extensif de la radio et télédiffusion, notamment au cours d’une période de projets télévisuels à grande échelle. Mais aujourd’hui, les pays commencent à utiliser des technologies plus avancées telles que la vidéoconférence pour les enseignants, alors que les technologies informatiques ont été utilisées dans l’éducation à distance en troisième lieu et parfois à l’intérieur du système scolaire.
Il convient toutefois d’évoquer deux mises en garde. Premièrement, plus les technologies sont sophistiquées et interactives plus le coût par tête est élevé. Deuxièmement, les plus grands problèmes éducatifs se rencontrent dans les régions les plus reculées, où l’approvisionnement en électricité peut être irrégulier ou inexistant, où les téléphones sont rares et les lignes difficiles à entretenir. Dans de telles régions le service d’équipement électronique a tendance à être difficile, coûteux et lent. Les choix sensibles de technologies doivent refléter à la fois la géographie et l’économie. L’opportunité économique, la demande éducative et une forte volonté politique seront nécessaires à la mise en place de l’éducation à distance.
Un problème important est de savoir dans quelle mesure les organismes de formation à distance peuvent devenir une partie du système éducatif traditionnel et être acceptés comme tels. Pour ce qui est des différents types d’éducation à distance, la plupart sont le fruit d’opinions différentes au sujet du rôle et des fonctions de l’Etat. Il y a des pays ayant une tradition qui laisse aux organisations non- gouvernementales et au secteur privé la possibilité de jouer un rôle significatif dans l’éducation. Ces différences de culture et de structure organisationnelle influent sur l’audience qui peut être touchée à travers l’éducation à distance.
Deux questions principales sont récurrentes dans le domaine de l’éducation à distance : ses résultats et son coût. Même lorsqu’il y a peu de chiffres fiables relatifs au coût de l’éducation à distance, il est certain qu’avec un nombre d’élèves suffisamment élevé, le coût de l ‘enseignement à distance est acceptable par rapport à l’enseignement conventionnel en termes de coût par élève. Un nombre important d’élèves abaisse les coûts par unité mais, si nous mesurons en termes de coût par étudiant qui réussit, il est plus difficile d’établir la viabilité économique de l’enseignement à distance.
- Quelles politiques et stratégies sont nécessaires pour inclure l’enseignement à distance dans le système d’éducation et de formation ?
- Quelles sont les choix réalistes principaux entre les technologies pour mettre en place des organismes de formation à distance correspondant à l’opportunité économique et à la demande d’éducation ?
Dernière mise à jour: 10-08-2001