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Rafiatou Karimou

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Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire

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Kémoko Osséni Bagnan

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Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

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La réouverture des écoles normales d’instituteurs : une priorité pour le Bénin

Le problème de recrutement, de formation et de qualification des enseignants constitue l'une des priorités de l'école béninoise à l'étape actuelle de son développement.

Aujourd'hui, le système éducatif de la République du Bénin comporte trois catégories d'enseignants ; d'un côté, la catégorie des agents permanents de l'Etat qui constituent le groupe le plus qualifié mais qui est malheureusement en nette réduction en raison des départs à la retraite ; de l'autre côté, la grande majorité formée des deux autres catégories : les enseignants contractuels et les enseignants communautaires.

Titulaires du B.E.P.C. et du Baccalauréat pour certains d'entre eux, les contractuels sont recrutés par l'Etat, sur contrat, tandis que les enseignants communautaires qui n'ont pratiquement aucun niveau, sont recrutés par les communautés à la base et directement gérés par celles-ci.

Comment la qualité de l'éducation est-elle assurée dans ces conditions?

Actuellement nous sommes dans la phase de généralisation des nouveaux programmes d'études à l'enseignement primaire. Pour résoudre quelque peu ce problème de qualification, près de quatre mille cinq cents enseignants sont formés chaque année pendant près d'un mois avant le démarrage des activités académiques et cette formation se poursuit, au cours de l'année scolaire dans le cadre des unités pédagogiques.

Malgré cette alternative, le problème de la formation systématique des enseignants du primaire, d'une façon générale, se pose avec acuité car parmi ceux qui sont actuellement en activité, 12% seulement ont reçu une formation professionnelle. Le reste est formé sur le tas. Les enseignants communautaires qui sont les plus nombreux n'ont en général pas le niveau académique minimum requis pour mettre en œuvre avec efficacité les Nouveaux Programmes d’Etudes. La seule solution durable à trouver est la réouverture des écoles normales sur la base d'un diplôme académique exigible à l'entrée afin de livrer au système éducatif des enseignants qualifiés et compétents.

Cette approche de solution permettra de recruter, et de former convenablement des enseignants sur la base d'un programme minutieusement étudié. Pour cette raison, un effort sera fait pour qu'à la rentrée 2004-2005, une école normale d'instituteurs sur les 6 prévues soit réouverte. Mais cet effort ne couvrira en rien l'ampleur et l'urgence des besoins sur le terrain. C'est pourquoi le Bénin reste largement ouvert à toutes formes de coopération susceptibles de l'accompagner d'une manière ou d'une autre dans la recherche de solutions idoines à ce problème pressant . Il serait avantageux à tous points de vue que les écoles normales d'instituteurs soient ouvertes pour couvrir les besoins immenses d'enseignants qualifiés de notre système éducatif.

De même qu'il est inconcevable, dans le secteur de la santé, que les jeunes gens titulaires du brevet de fin d'études du premier cycle puissent être directement déversés dans les centres de santé pour faire office d'infirmiers ou de sages femmes, de la même façon, les gestionnaires de l'Education devraient sauvegarder la qualité de l'enseignement en se battant pour que plus jamais, le recrutement de jeunes diplômés sans formation professionnelle initiale ne soit plus possible.

 Une éducation de qualité pour tous les jeunes - défis majeur de l'enseignement supérieur béninois

La République du Bénin s’est engagée depuis quelques années dans un plan énergique de reforme de son enseignement supérieur. La conception de ce plan a tenu compte des grands principes qui guident le développement de l’enseignement supérieur depuis la Conférence Mondiale sur l’enseignement supérieur (Paris, 1998).

Nous réaffirmons dans cette optique qu’une éducation de qualité pour tous les jeunes est le défi majeur auquel l’enseignement supérieur est confronté.

Nous admettons aussi que l’éducation constitue un droit fondamental et un besoin essentiel pour les jeunes. Une éducation de qualité est la condition indispensable pour que le Bénin ait les moyens de développer son économie dans un concept de mondialisation et tirer parti des technologies modernes.

Nous pensons que l’enseignement supérieur au Bénin doit offrir les conditions favorables d’accès à tous les jeunes qui ont la capacité de faire des études supérieures et qui le désirent. Nous œuvrons pour qu’il n’y ait aucun obstacle d’ordre social, culturel, économique, politique ou juridique qui empêche les jeunes d’avoir accès à une éducation de qualité.

Nous accordons une grande importance au respect de l’égalité des sexes et à la promotion des jeunes filles et des femmes dans l’enseignement supérieur ; notamment par le recours à une discrimination positive.

Nous affirmons la nécessité de diversifier les sources de financement en l’occurrence par l’apport de capitaux privés et aussi par le développement de l’enseignement supérieur privé.

Les guerres et les conflits de toutes sortes constituent des obstacles majeurs au développement de l’enseignement supérieur. A ce titre, ils doivent être considérés comme des faits à étudier au niveau de l’enseignement supérieur afin de trouver dans nos sociétés des valeurs qui incarnent la paix, la solidarité et la concorde. Au Bénin, nous pensons que l’enseignement supérieur doit contribuer à l’émergence d’une société de paix et de concorde dans le monde.

Nous affirmons que l’enseignement supérieur doit permettre aux jeunes d’acquérir les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour accéder aux technologies de l’information et de la communication.

La pandémie du VIH/sida constitue un souci majeur pour le Bénin. Nous affirmons que notre enseignement supérieur doit s’en préoccuper tant au niveau des actions de prévention que des travaux de recherche qui pourraient conduire à maîtriser cette pandémie.

Nous reconnaissons que le développement de l’enseignement supérieur au Bénin doit reposer sur la connaissance des valeurs endogènes, des langues locales et qu’il convient d’en tenir compte dans les programmes d’enseignement afin de donner aux jeunes une éducation qui leur permette d’apprécier la diversité, la richesse et le dynamisme de nos cultures, dans le but de les libérer de la dépendance psychologique, économique et technologique.