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Salvator Ntihabose

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Ministre de l’éducation nationale

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C'est pour moi un agréable devoir de m'adresser à cette auguste assemblée, à l'occasion de cette quarante-septième session de la Conférence Internationale de l'Education sur le thème: « Une éducation de qualité pour tous les jeunes: défis, tendances et priorités ».

Le thème choisi pour cette 47ème session de la C.LE. est d'une importance capitale, grâce au rôle que doit jouer l'éducation dans le développement des sociétés et aux enjeux de la décennie des années 2000 pour les perspectives d'espoir et d'avenir d'un monde à grandes zones de turbulence

Cette session offre encore une fois à notre pays une occasion de réaffirmer notre volonté et notre détermination à asseoir un système éducatif de qualité au service de l'économie et de la société.

Il y a quatre décennies, à la veille de notre indépendance (1962), notre système éducatif était encore à un stade de balbutiement. La protection et l'éveil de la petite enfance étaient inexistants. Le réseau primaire était réduit au simple apprentissage de l'écriture et de la lecture; les rares écoles « sectionnées » préparant à l'enseignement secondaire étaient à un nombre très réduit. L'enseignement secondaire réduit aux seules écoles confessionnelles était encore à l'état embryonnaire. Les quelques rares étudiants qui se comptaient sur les doigts fréquentaient des établissements extérieurs d'enseignement supérieur: au cours de l'année académique 1960-1961, tout le territoire du Rwanda-Urundi comptait 29 étudiants seulement.

Depuis, des efforts, freinés par la modicité des moyens matériels et humains, ont été déployés sur le plan du développement quantitatif et dans le souci d'assurer une éducation de qualité et rentable. Le degré de développement varie d'un niveau d'enseignement à un autre et les stratégies et mesures prises sont fonction des besoins, des priorités et des potentialités de chaque pallier d'éducation.

Dans le domaine de la protection et de l'éducation de la petite enfance, seulement 1,5 % des enfants de 3 à 6 ans ont bénéficié du programme d'éveil de la petite enfance au cours des années 1999-2000. C'est pourquoi nous comptons développer les axes stratégiques et les actions prioritaires suivants: promouvoir une action normative et réglementaire et assurer une coordination des actions d'éducation et d'éveil de la petite enfance; améliorer la qualité d'éducation de la petite enfance par la conception d'un programme national d'éducation préscolaire, la formation des ressources humaines et la production des matériels didactiques.

En matière d'enseignement primaire, des centaines de milliers d'enfants n'ont pas accès à l'éducation primaire: le taux net de scolarisation n'est que de 56% en 2003. Le rythme d'accroissement des infrastructures ne suit pas l'évolution des effectifs; l'écart entre l'offre et la demande de scolarisation ne cesse de se creuser. A titre d'exemple, en 5 ans, de 1996 à 2000, le nombre d'écoliers a été multiplié par 4,7, tandis que le nombre de salles de classes l'a été de 3,6 seulement.

Des disparités régionales s'observent dans l'accès à l'éducation primaire .La scolarisation des filles accuse un retard: en 2001 - 2002, les filles représentaient 44,3 % des effectifs totaux.

La construction d'infrastructures suffisantes constitue donc un défi majeur dans la perspective de l'EPT et la gestion rationnelle de celles qui existent une option stratégique à promouvoir.

Le rendement interne de l'éducation primaire est faible: les taux moyens de redoublements et d'abandons sont élevés, respectivement 10% et 11%, tandis que le taux de passage n'est que le 31% en 2003.

Dans la perspective de l'EPT, en même temps que nous comptons doubler les infrastructures scolaires, nous poursuivrons le programme de formation des formateurs et la promotion d'innovations nécessaires en vue d'assurer une éducation de qualité pour tous.

Concernant l'enseignement secondaire, le taux brut de scolarisation est très: 10 % en 2000 -2001 et 13,6 % en 2002 -2003 . L'enseignement technique demeure l'enfant pauvre du système. Seuls 5 % des effectifs du secondaire fréquentent l'enseignement technique.

L'enseignement technique constituera désormais une de nos priorités. L'économie devant commander la formation et l'école étant un des principaux facteurs du développement économique, nous développerons davantage un travail en synergie entre formateurs et employeurs, en vue d'assurer une meilleure intégration de notre système de formation technique et professionnelle et une meilleure employabilité de nos lauréats.

Monsieur le Président,

Tout développement commence par la personne humaine et aboutit à elle. En effet, dans le sens du développement bien compris, le respect effectif des droits de l'homme et une meilleure éducation sont intimement liés. Et nous y croyons fermement.