Guinea         print

guinea

Galéma Guilavogui

spacer

Ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Education Civique

spacer

spacer

Dans le cadre de la décennie mondiale de l’éducation pour tous, les objectifs que la Communauté internationale s’est fixés lors du Forum de Dakar en 2000 demeurent de réelles préoccupations pour le système éducatif guinéen.

A cet égard, en dépit des efforts remarquables accomplis ces dernières années en faveur de l’accès de chaque enfant à une éducation de base de qualité, la Guinée, à l’instar de nombreux pays africains doit encore relever d’énormes défis au nombre desquels on peut citer :

  • le besoin d’amélioration constante de la qualité de notre enseignement pour sa mise en adéquation avec les exigences du développement socioéconomique de nos pays ;
  • le besoin d’amélioration de l’accès à l’éducation de base dans l’équité, entre filles et garçons, entre zone rurale et zone urbaine ;
  • la faiblesse des ressources consacrées à l’éducation ;
  • le besoin de formation d’enseignants performants en nombre suffisant ;
  • le besoin de matériel didactique, surtout de manuels scolaires, etc.

Tout cela démontre que les systèmes éducatifs des pays en voie de développement ont besoin d’un soutien afin d’atteindre l’objectif primordial de scolarisation de tous les enfants sans aucune discrimination.

Il en découle que chaque Etat devrait veiller à rendre obligatoire pour tous, sans distinction de sexes, une formation de base de qualité dont le cadre sera une école novatrice dans sa pédagogie, résolument tournée vers l’avenir dans ses objectifs et contenus d’enseignement-apprentissage. Une telle école doit être gérée dans un esprit de partenariat avec la communauté (partenariat école/communauté).

L’enseignement de qualité que nous ambitionnons pour tous nos enfants doit être donné en accordant une attention soutenue aux moyens nécessaires pour sa mise en œuvre (revalorisation de la fonction enseignante, construction et équipements d’infrastructures scolaires, dotation en matériel didactique, formation des enseignants).

Une éducation de base de qualité, généralisée à l’ensemble des enfants en âge de scolarisation, constitue une condition fondamentale d’un développement durable, bien que les avantages d’une bonne éducation ne soient pas immédiatement perceptibles.

Par ailleurs, au moment même où nos pays doivent relever le défi de l’Education Pour Tous, ils restent un terrain propice à la propagation de graves maladies endémiques comme la tuberculose, le paludisme et particulièrement le VIH/SIDA. Certains d’entre eux comme le nôtre, supportent en plus, les conséquences de guerres fratricides sévissant à leurs frontières et créant de ce fait une situation d’éducation d’urgence en période de crise (période de conflit et de post-conflit).

Toutes ces situations nous interpellent pour envisager ensemble les conditions favorables à la réduction de la pauvreté, à la préservation de l’environnement et à la culture de la paix pour prévenir toute velléité de conflagration.

Nous lançons donc un appel solennel à tous nos partenaires : organisations intergouvernementales et agences des Nations Unies, ONG, pays développés notamment ceux du Groupe des 8 pays les plus riches du monde (le G8) et de l’Union Européenne ; pour donner une nouvelle impulsion au développement de l’éducation afin que nos objectifs liés à la réalisation de l’Education Pour Tous soient entièrement atteints.

Ne perdons jamais de vue cette phrase clé du rapport à l’Unesco de la Commission chargée de l’Education pour le XXIème siècle. Il y est mentionné ce qui suit : « Au terme d’un siècle autant marqué par le bruit et la fureur que par des progrès économiques et scientifiques d’ailleurs inégalement répartis ; à l’aube d’un siècle à la perspective duquel l’angoisse le dispute à l’espoir ; il est impératif que tous ceux qui se sentent une responsabilité accordent leur attention aux moyens comme aux finalités de l’éducation ».