La 47e session de la Conférence internationale de l’éducation, organisée par le BIE, se tiendra à Genève du 8 au 11 septembre 2004 sur le thème « Une éducation de qualité pour tous les jeunes : défis, tendances et priorités”.
Dans sa lettre d’invitation, le Directeur général de l’UNESCO souligne l’importance de ce thème, « eu égard à la préoccupation majeure que constitue, partout dans le monde, l’éducation des jeunes de 12 à 18/20 ans ». Cette problématique est devenue indissociable de celle de l’Education pour tous qui, de toute évidence, « ne peut en effet pas se limiter à l’éducation primaire ». Comme l’a souligné le Forum de Dakar, « celle-ci doit être considérée comme un plancher et non comme un plafond à atteindre. La participation démocratique au développement social et économique exige de très nombreux citoyens ayant accès à une éducation secondaire de qualité ».
La problématique d’une éducation de qualité de tous les jeunes se rattache ainsi directement, d’une part, aux objectifs 3 et 6 du Cadre d’action de Dakar et, d’autre part, à ceux de la Déclaration du Millénaire, définis le 8 septembre 2000 par l’Assemblée générale des Nations Unies et qui concernent plus particulièrement le développement et l’élimination de la pauvreté, la protection de notre environnement commun, les droits de l’Homme, la démocratie et la bonne gouvernance, la protection des groupes vulnérables et la réponse aux besoins spéciaux de l’Afrique.
Grâce à sa dimension mondiale et inter-régionale, la CIE apporte une réelle plus-value à la réflexion et aux perspectives d’action, tout particulièrement depuis les 45e et 46e sessions. Elle permet également d’approfondir et d’élargir les acquis de nombreuses réunions récentes, qui se sont tenues dans toutes les régions du monde, aussi bien au niveau national que régional ou international. L’on peut à cet égard citer par exemple les réunions d’experts organisée sous l’égide de l’UNESCO à Buenos Aires (Argentine) en 2000 ou à Pékin (Chine) en 2001, la Conférence internationale de Muscat (Oman) sur l’enseignement secondaire (2002), la première Conférence sur l’enseignement secondaire en Afrique en 2003 à Kampala (Ouganda), organisée par la Banque mondiale et l’ADEA ou encore la réunion des ministres de l’éducation de l’OCDE en mars 2004 à Dublin (Irlande). Toutes ces réunions se sont préoccupées de l’accès, de l’équité et de la qualité de l’éducation secondaire.
La 47e session de la CIE se tient également à un moment particulièrement favorable puisque, en écho au Sommet mondial pour le développement durable (Johannesbourg 2002), l’Assemblée générale (résolution 57/254) a proclamé une « Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable », à partir du 1 janvier 2005 et qu’elle a désigné l’UNESCO comme organe responsable de sa promotion. Cette Décennie vise à promouvoir l’éducation en tant que fondement d’une société plus viable pour l’humanité et à intégrer le développement durable dans le système d’enseignement scolaire à tous les niveaux.
Dans toutes les réflexions en cours, il apparaît que la problématique de l’éducation des jeunes de 12 à 18/20 ans ne peut pas se limiter à la question de l’enseignement secondaire formel, au sens habituel du terme. Par rapport à d’autres groupes d’âge, celui des jeunes pose des problèmes spécifiques, en particulier du fait que l’éducation qu’ils pourront y acquérir sera, pour la plupart d’entre eux, celle de leur « entrée dans la vie ». Comme l’a souligné le Directeur général de l’UNESCO lors de la Conférence d’Oman en 2002, « il ressort clairement que l’enseignement secondaire doit être non seulement développé pour répondre à la poussée de la demande mais il doit être également redéfini, rénové et amélioré s’il veut s’acquitter des fonctions qui lui sont assignées, à savoir préparer les apprenants – tant dans le cadre formel qu’informel – à l’enseignement supérieur, au monde du travail et, ce qui est peut-être plus important, à une citoyenneté responsable dans un monde en mutation. Priorité devrait être donnée non seulement à la rénovation du contenu, des méthodes et des structures de l’enseignement secondaire mais également à l’amélioration de la formation des enseignants et des responsables d’établissement pour qu’ils puissent mieux remplir leur rôle, s’agissant notamment de conseiller et d’orienter les adolescents ».