Mauritania

 Données de base du pays

Nom officiel du pays

La République islamique de Mauritanie

 

 

 

Région

Etats arabes

Superficie (km2)

1 025 520

Population (2006)

3 043 639

 

 

Type d'économie (2006)

Faible revenu

Produit intérieur brut par habitant (2004)

US$ 515

Indicateur du développement humain, IDH (2004)

0,486

Classement selon le niveau de l’IDH sur 177 pays (2004)

153

 

 

Durée de la scolarité obligatoire (2006)

9 ans

Indicateur du développement de l’éducation pour tous (IDE) (2004)

0,730

Classement selon le niveau de l'IDE sur 125 pays (2004)

104

 

 

Statistiques générales

Institut de statistique de l'UNESCO

Statistiques de l'éducation

Institut de statistique de l'UNESCO

 

 

 

Sources: Division de statistique et Division de la population des Nations Unies ; Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture ; Institut de statistique de l'UNESCO ; Rapport mondial de suivi sur l'EPT; Programme des Nations Unies pour le développement ; Banque mondiale ; Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
[…] Données non disponibles.

 

 

Version révisée, septembre 2006. Version PDF

Principes et objectifs généraux de l’éducation

Le système de l’éducation a pour objectif général de donner aux enfants, à travers l’enseignement fondamental, l’éducation de base nécessaire au développement de leur personnalité. Il doit aussi leur permettre l’acquisition d’une formation qualifiante pour garantir leur insertion dans la vie professionnelle, lors du cursus d’enseignement général secondaire et supérieur ou grâce au réseau de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Priorités et préoccupations actuelles en matière d’éducation

La population mauritanienne, nomade et rurale dans son écrasante majorité jusqu’au milieu des années 70, est aujourd’hui la population la plus urbanisée du Sahel, avec un taux d’urbanisation de l’ordre de 48 %. Cette population est composée de deux groupes : le groupe arabe et le groupe négro-africain.  Le groupe négro-africain se subdivise en trois sous-groupes : le Pular, le Soninké et le Wolof.  Les langues nationales sont l’arabe (langue officielle), le pular, le soninké et le wolof.

Le territoire mauritanien est divisé en douze wilaya (régions) auxquelles s’ajoute le district de Nouakchott, capitale du pays. Les wilaya, ainsi que le district de Nouakchott, sont administrées par des wali (gouverneurs). Chaque wilaya se subdivise, selon sa superficie, et sa densité de population, en deux ou plusieurs moughataa (préfecture ou département), administrées par des hakem (préfets). Il existe au total cinquante-trois moughataa, dont neuf dans le district de Nouakchott.

Le niveau de vie en Mauritanie est bas. L’espérance de vie est de 47 ans et le taux de mortalité infantile de 119 . D’autre part, 66 % de la population âgée de plus de quinze ans est analphabète. La population mauritanienne est dans sa majorité jeune. En 1988, 44.2 % des Mauritaniens ont moins de quinze ans et les jeunes de moins de 25 ans représentent 62,9 % de la population.

La limitation des ressources intérieures et l’insuffisance de l’aide publique au développement, ajoutées à l’immensité des besoins d’investissement du pays, notamment pour financer la réalisation d’infrastructures de base, font que la part annuelle du budget de l’Etat consacrée à l’éducation reste faible.

Sur le plan politique, la République islamique de Mauritanie a connu, depuis le milieu des années 80, de profondes mutations en vue d’une plus grande libéralisation de la vie politique du pays. Une nouvelle Constitution républicaine a été adoptée en 1991 et, en 1992, différentes institutions prévues par cette Constitution ont été mises en place.

Sur le plan administratif, les communes, administrées par les conseils municipaux, ont plusieurs attributions, notamment dans les domaines de l’enseignement primaire, de la santé et des infrastructures urbaines. Elles bénéficient de ressources fiscales propres.

Le système d’éducation actuel est le résultat d’une série de réformes qui ont poursuivi le but de son adaptation au contexte social et culturel du pays. La première réforme, opérée en 1966, instaure le principe du bilinguisme (l’arabe et le français), alors que la deuxième, réalisée en 1973, entame une arabisation progressive du système ; l’arabisation presque totale étant consacrée par les mesures transitoires d’ajustement décidées en 1979. Ces mesures introduisent, à titre expérimental, l’enseignement des langues nationales.

Pour la période 1995-2000, les priorités de l’éducation sont formulées dans une lettre de politique sectorielle qui affirme la priorité accordée à l’enseignement fondamental. L’objectif précis étant d’accroître la capacité pour accueillir tous les enfants de 6 à 11 ans à l’horizon 2000, tout en améliorant les services éducatifs (programmes, matériels et enseignants). Dans ce cadre, les stratégies élaborées visent : a) la poursuite d’un programme de constructions scolaires avec co-financement des collectivités, qui vise à une plus grande implication des parents dans la réalisation des infrastructures scolaires à travers leur participation à hauteur de 30% du coût de la construction et une entière responsabilité dans la construction (choix du tâcheron, achat des matériaux...), l’état jouant un rôle de conseils et de supervision technique ; b) une plus grande maîtrise des coûts unitaires, en particulier dans les niveaux supérieurs par une meilleure affectation des ressources ; c) l’amélioration des programmes scolaires ; d) la mise en œuvre d’une politique de formation et de perfectionnement des maîtres et du personnel d’encadrement ; e) la poursuite d’un système de distribution des manuels scolaires à travers le renforcement du réseau de vente de l’Institut pédagogique national (IPN) ; et f) une meilleure planification et gestion des ressources humaines et physiques.

L’appui au développement de l’enseignement privé, inscrit dans les programmes en cours, vise la promotion de ce secteur pour renforcer sa contribution au développement du système éducatif. Cette promotion sera assurée grâce à :  a) la prise de mesures incitatrices pour permettre aux établissements d’enseignement privé de mieux accéder au crédit bancaire ; b) la formation initiale et continue des enseignants du secteur privé dans les mêmes conditions que ceux du secteur public ; dans ce cadre, il convient de noter que le décret n° 95-035 du 23 juillet 1995 permet la formation dans les deux Ecoles normales d’instituteurs (ENI) de maîtres destinés aux établissements privés d’enseignement primaire ; et c) l’adaptation du cadre légal de fonctionnement des écoles privées.

Une nouvelle réforme du système éducatif, voté en 1999 en séance extraordinaire du parlement, maintient l’importance accordée à l’arabe et à la culture nationale, mais engage le système dans une perspective de modernisation et d’ouverture pour mettre l’école au service du développement. Les modifications introduites s’inscrivent dans une politique d’amélioration de la qualité, à savoir :

·        unification du système par la suppression des filières linguistiques créées par la réforme de 1979 ;

·        prolongement de la durée de l’enseignement du premier cycle du secondaire de 3 à 4 ans ;

·        renforcement de l’enseignement des sciences et introduction de la physique et de l’informatique dans le premier cycle du secondaire ;

·        renforcement de l’enseignement des langues étrangères (français, anglais).

Cette réforme est sous-tendue par un Programme national de développement du secteur éducatif (PNDSE) qui couvre la période 2001-2010 et inclut pour la première fois la petite enfance et l’alphabétisation. Sa préparation qui s’est étalée sur près d’une année a tenu en haleine pendant toute cette période les acteurs les plus divers du système éducatif : équipes de professionnels multidisciplinaires, parents d’élèves, société civile, partenaires au développement, décideurs, etc. Elle a entretenu tout au long du processus un débat franc et fécond sur l’ensemble des questions liées à la problématique scolaire générant une documentation volumineuse traitant de l’ensemble du secteur de la petite enfance à l’enseignement supérieur en passant par tous les ordres et types d’enseignement ou de formation. Le PNDSE est la synthèse de ce processus sans précèdent dans le pays en ce qui concerne le secteur. Ce programme s’articule autour des axes suivants :

·        la consolidation du pilotage du système basée sur le développement des capacités de prévision, la structuration de l’administration centrale, l’évaluation permanente du système et la programmation des recrutements ;

·        l’amélioration de l’offre éducative qui impliquera, entre autre, la mise en place d’une carte scolaire, la réorganisation de l’université et de la formation technique et professionnelle ;

·        le renforcement de la qualité de l’enseignement qui reposera en grande partie sur la rénovation des programmes, des outils pédagogiques, de la professionnalisation et de la structuration des formations initiale et continue, ainsi que sur l’amélioration de l’encadrement administratif et pédagogique ;

·        l’amélioration de la gestion des ressources humaines par la mise en place d’un suivi de carrière en lien avec l’appréciation du mérite et des performances et la rationalisation des affectations ;

·        la résorption des disparités régionales sous-tendue par une politique volontariste d’allocation des ressources ;

·        le renforcement de la scolarisation des filles ;

·        l’accroissement du rôle du secteur privé dans l’offre éducative qui sera recherché par la mise en place d’une politique de promotion adéquate.

La mise en œuvre effective de la réforme se heurte cependant à plusieurs contraintes qui constituent les principales difficultés auxquelles doit faire face le système éducatif mauritanien dans les années à venir. Le désengagement de la profession enseignante mis en évidence par toutes les études sectorielles pénalise gravement l’image de l’école et hypothèque les rendements attendus des investissements. Ce phénomène est ciblé de façon spécifique par la stratégie sectorielle à travers la mise en œuvre d’actions soutenues et multiformes concernant la sensibilisation, la formation, l’incitation morale et matérielle des enseignants. L’espoir réside dans l’exécution efficace de ce programme d’action conformément aux échéances prévues. Les capacités sectorielles en matière d’analyse statistique, d’études prospectives et d’évaluation sont insuffisantes, aussi bien au niveau du Ministère de l’éducation nationale que des autres ministères qui dispensent des activités d’enseignement ou de formation et qui sont couverts également par les composantes du PNDSE. Cette situation peut influer négativement sur l’application harmonieuse de la réforme. (MEN, 2004).

Lois et autres règlements fondamentaux relatifs à l’éducation

Plusieurs textes juridiques traitent des différents aspects relatifs au système éducatif mauritanien, qu’il s’agisse du statut des personnels de l’éducation, de l’organisation des différents ordres d’enseignement ou du régime des enseignements.

Le décret n° 66-85 du 24 août 1985, fixant les attributions du Ministère de l’éducation nationale et l’organisation de l’administration centrale de son département, définit l’organisation des services centraux du système éducatif.

La législation relative à l’organisation de l’enseignement fondamental est contenue principalement dans la loi n° 75-023 du 20 janvier 1975 sur la réorganisation de l’enseignement fondamental public, la loi n° 76-236 du 07 octobre 1976 sur l’organisation du statut de l’enseignement fondamental, et l’ordonnance n° 81-212 du 24 décembre 1981 se rapportant au statut de l’enseignement privé.

A ces textes législatifs s’ajoutent plusieurs décrets d’application qui précisent certaines de leurs dispositions et définissent les régimes des études, notamment le décret n° 95-035 du 23 juillet 1995 fixant l’organisation et les règles de fonctionnement des Ecoles normales d’instituteurs (ENI) et les décrets relatifs à l’enseignement privé.

Pour ce qui est de l’enseignement secondaire général, il convient, au titre des principaux textes juridiques, de citer notamment la loi n° 68-269 du 1er août 1968 sur la réorganisation de l’enseignement secondaire, le décret n° 82-081 bis du 4 juin 1982 sur la réorganisation du baccalauréat national, et le décret n° 95-033 du 17 juillet 1995 sur la réorganisation de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Nouakchott.

L’enseignement secondaire technique est régi par l’ordonnance n° 89-047 du 14 mars 1989 sur la réorganisation de l’enseignement technique. De nouveaux décrets d’application concernent la création d’établissements d’enseignement technique, en définissent l’organisation et le fonctionnement et créent les différents diplômes sanctionnant les enseignements dispensés.

Un statut particulier des personnels de l’enseignement technique et de la formation professionnelle est en cours d’élaboration, de même qu’une révision du statut des établissements.

L’enseignement supérieur est régi par la loi n° 70-243 du 25 juillet 1970, qui en définit la mission, précise la nature juridique des établissements qui en ont la charge, et classifie le personnel enseignant. Cette loi renvoie à des décrets d’application, qui ont été pris pour l’organisation, le fonctionnement, les conditions d’admission, le régime et les sanctions des études. Elle prévoit également la création, par décret, d’un conseil national de l’enseignement supérieur, organe consultatif qui n’a jamais vu le jour.

Le statut des personnels de l’éducation est régi essentiellement par :

·        la loi n° 93-009 du 18 janvier 1993 sur le statut général des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat ;

·        les décrets n° 69-386, 69-387, 69-388 et 69-389 du 27 novembre 1967 qui fixent les dispositions statutaires applicables respectivement aux corps classés en catégories (A, B, C et D). Ces décrets constituent les principaux textes d’application de la loi de 1967 abrogée et demeurent en vigueur tant que ceux prévus par la loi de 1993 ne sont pas adoptés. A ces décrets, il convient d’ajouter ceux qui se rapportent à la gestion des fonctionnaires ;

·        la loi n° 74-071 du 2 avril 1974 relative aux agents auxiliaires de l’Etat, des collectivités locales et de certains établissements publics, et les décrets 75-055 et 75-056 du 21 février 1975 concernant les agents auxiliaires de l’Etat, des collectivités locales et de certains établissements publics et  la rémunération de ces agents ;

·        le décret n° 86-212 du 25 décembre 1986 sur le statut de l’enseignement supérieur ;

·        l’ordonnance n° 90-09 du 4 avril 1990 sur le statut des établissements publics, des sociétés à capitaux publics et régissant les relations entre ces entités et l’Etat, et le décret n° 90-118 du 19 août 1990 fixant la composition, l’organisation et le fonctionnement des organes délibérants des établissements publics ;

·        la loi n° 71-207 du 5 août 1971 relative à l’exercice du droit de grève des fonctionnaires.

Seule la scolarité dans l’enseignement primaire est obligatoire. Elle commence à 6 ans et s’achève, au maximum, à 16 ans.

Administration et gestion du système d’éducation

Le décret n° 66-85, du 24 août 1985, relatif aux attributions du Ministre de l’éducation et à l’organisation de l’administration centrale de son département, définit le schéma et les fonctions de l’administration éducative au niveau central.  Le décret n° 048-91, du 26 juin 1991, a créé une direction centrale au Ministère de l’éducation nationale (MEN) dite « Direction des projets d’assistance aux cantines scolaires et à l’éducation sanitaire et nutritionnelle ».

L’administration centrale du système éducatif comprend, outre le Secrétaire général, les structures suivantes :

·        le Conseil supérieur de l’éducation ;

·        les Conseillers techniques ;

·        le Bureau organisation et méthodes (BOM) ;

·        l’Inspection générale de l’enseignement secondaire et technique (IGEST) ;

·        l’Inspection de l’enseignement fondamental (IEF) ;

·        le Contrôle administratif transformé en inspection interne par le décret n° 75-093 du 5 juin 1993, fixe les conditions d’organisation des administrations centrales et définit les modalités de gestion et de suivi des structures administratives ;

·        la Direction des affaires financières et du matériel (DAFM) ;

·        la Direction du personnel (DP) ;

·        la Direction des projets d’assistance aux cantines scolaires et à l’éducation sanitaire et nutritionnelle, (DPA) ;

·        la Direction de la planification et de la coopération (DPC) ;

·        la Direction de l’enseignement fondamental (DEF) ;

·        la Direction de l’enseignement secondaire (DESec) ;

·        la Direction de l’enseignement technique (DET) ; et

·        la Direction de l’enseignement supérieur (DESup).

Le BOM a pour fonction la rationalisation des structures et des méthodes de travail du MEN, le perfectionnement du personnel administratif et financier, la conception d’applications informatiques en matière de statistiques et de gestion administrative, financière et scolaire et la gestion du matériel informatique.

L’IGEST assure une mission pédagogique et ses fonctions vont de l’élaboration des programmes, des horaires et des coefficients des disciplines enseignées, jusqu’au contrôle de l’organisation pédagogique des établissements, publics et privés, d’enseignement secondaire et technique, en passant par la vérification de la conformité de l’enseignement aux programmes officiels et l’inspection pédagogique de l’ensemble des enseignants. 

L’IEF assure, pour l’enseignement primaire, les fonctions dévolues en matière d’enseignement secondaire et technique à l’IGEST, exceptée l’inspection pédagogique des enseignants. Elle assure également l’inspection de l’organisation administrative et pédagogique des Directions régionales de l’enseignement fondamental (DREF) et des Ecoles normales d’instituteurs (ENI).

La DPA est notamment chargée de la gestion des produits alimentaires et non alimentaires et des équipements destinés aux cantines scolaires. Elle est chargée également de la promotion de l’éducation sanitaire et nutritionnelle. L’action de la DPA est épaulée par des projets financés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  

La DPC est chargée de l’ensemble des questions relatives à la collecte, l’exploitation et la diffusion des statistiques scolaires, à l’élaboration des plans et programmes de développement des différents niveaux d’enseignement, à la recherche des  financements des projets et au suivi de leur exécution, ainsi qu à la coopération avec l’étranger.

La DEF assure notamment la définition des objectifs à réaliser dans l’enseignement primaire, la coordination et le contrôle des activités des DREF et l’inspection pédagogique des enseignants, à travers l’action des inspecteurs rattachés aux DREF. Elle assure également l’élaboration de la réglementation scolaire, l’organisation des examens et concours professionnels et scolaires, et le contrôle administratif et pédagogique des établissements privés de l’enseignement fondamental.

La DESec assure, pour l’enseignement secondaire général, les fonctions dévolues en matière d’enseignement primaire à la DEF. Elle assure également la coordination et le contrôle des lycées et collèges d’enseignement secondaire qui relèvent de son autorité hiérarchique, et la mise en oeuvre de la politique des bourses. Le bénéfice d’une bourse de l’enseignement secondaire est attribué, au niveau de chaque wilaya, par une commission présidée par le wali. Les compétences et la composition de cette commission sont définies par le décret n° 79-306 bis du 27 octobre 1979. Cette attribution tient compte des conditions matérielles des familles des élèves.

La DET assure la définition des objectifs à réaliser en matière d’enseignement technique, la recherche et la mise en place des structures, filières, sections et spécialités en vue du développement quantitatif de cet enseignement et de son adaptation  aux exigences du marché du travail. Elle assure également la coordination et le contrôle des lycées et collèges techniques qui relèvent de son autorité hiérarchique, la gestion et le suivi de la formation moyenne à l’étranger, et les fonctions d’administration courante comme l’organisation des examens et concours, la gestion des bourses, ou la gestion du personnel.

La DESup est chargée notamment de la définition des objectifs à réaliser dans le domaine de l’enseignement supérieur, du suivi et du contrôle pédagogique des établissements publics de l’enseignement supérieur relevant de la tutelle du MEN, de l’instruction des dossiers pédagogiques des candidatures d’enseignants aux différents grades de l’enseignement supérieur, et de la coordination des actions relatives au recrutement de ces enseignants. Elle assure également la programmation de la formation des étudiants, et enfin le suivi et la gestion de ces étudiants et de leurs bourses.

          Les établissements d’enseignement supérieur relevant de la tutelle du MEN sont : l’Université de Nouakchott, qui comprend la faculté des lettres et sciences humaines, la faculté des sciences juridiques et économiques, et celle des sciences et techniques ; l’Ecole normale supérieure (ENS) ; et le Centre supérieur d’enseignement technique (CSET).

A ces établissements on peut ajouter l’Institut supérieur d’études et recherches islamiques (ISERI) et l’Ecole nationale d’administration (ENA). L’ISERI, qui relève de la tutelle du ministre chargé de l’orientation islamique, dispense des formations universitaires dans les différentes disciplines du droit musulman, alors que l’ENA, relevant de la tutelle du ministre chargé de la fonction publique, assure la formation initiale et la formation continue de certains corps de fonctionnaires de l’Etat tels que celui de l’administration territoriale, de l’administration financière, des affaires étrangères, ou de la justice.

S’y ajoutent également l’Institut pédagogique national (IPN) et l’Institut des langues nationales (ILN) qui, à la différence des autres structures, ne sont pas des établissements de formation postbaccalauréat.

L’IPN a pour mission d’élaborer, expérimenter, évaluer et diffuser les documents didactiques, d’assurer la formation continue des enseignants et encadreurs pédagogiques en cours de carrière, et de promouvoir la recherche pédagogique fondamentale et appliquée.

L’ILN a pour mission de promouvoir les langues nationales à travers l’expérimentation et l’évaluation des programmes d’enseignement dispensés dans ces langues dans des classes expérimentales, ainsi qu à travers la recherche linguistique,  la documentation et  la publication.

Au niveau local, l’administration scolaire se résume aux Directions régionales de l’enseignement fondamental et aux directions des établissements d’enseignement primaires et secondaires. On peut noter l’existence d’Instituts pédagogiques régionaux qui sont des antennes de l’IPN chargés notamment de la diffusion des manuels scolaires.

L’éducation formelle est assurée principalement par le MEN qui, selon les termes du décret n° 66-85 du 24 août 1985, « est chargé de la mise en œuvre de la politique nationale en matière d’enseignement fondamental, secondaire, technique et supérieur, et en matière de formation des cadres. »

Cependant il existe un important secteur traditionnel informel d’éducation. Il s’agit de l’enseignement originel dans les mahadra qui accueillaient en 1995 plus de 70.000 élèves et étudiants. Ces écoles peuvent être généralistes ou spécialisées. Dans le premier cas, elles assurent l’enseignement du Coran et dispensent une formation religieuse et linguistique arabe de base ; dans le deuxième, elles enseignent les sciences coraniques, les sciences juridiques islamiques, littérature et sciences linguistiques arabes.

L’enseignement originel et l’alphabétisation relèvent du Secrétariat d’Etat chargé de la lutte contre l’analphabétisme et de l’enseignement originel (SECLAEO).

Le Secrétariat d’Etat à la condition féminine (SECF) met en œuvre des programmes d’alphabétisation fonctionnelle au profit des femmes, avec l’appui des autres départements ministériels, notamment celui chargé du développement rural et celui de la santé et des affaires sociales.

D’autres départements ministériels jouent un rôle dans l’éducation au sens large, dans la mesure où ils participent à la formation des cadres. Il s’agit notamment de ceux chargés de la santé, du développement rural, de la pêche et de l’orientation islamique dont relèvent respectivement l’Ecole nationale de santé publique, l’Ecole de formation et de vulgarisation agricole, l’Ecole nationale d’enseignement maritime et des pêches (ENEMP) et l’ISERI. Il en est de même du ministère de la Fonction publique, du Travail, de la Jeunesse et des sports qui assure la tutelle de l’ENA, du réseau public de formation professionnelle du pays et du Centre de formation des cadres de la jeunesse et des sports.

Des mécanismes de coordination institutionnalisés, le plus souvent par des textes juridiques, existent entre le MEN et les autres départements impliqués dans le domaine de l’éducation. Il s’agit de cadres de concertation et de coordination comme les comités interministériels, les commissions techniques, ou les groupes de travail.

Structure et organisation du système d’éducation

Le système d’éducation formel se compose de trois ordres ou niveaux d’enseignement suivants : le fondamental ou primaire ; le secondaire dans lequel on distingue le secondaire général et le secondaire technique ; et le supérieur.

Mauritanie : structure du système éducatif

Enseignement préprimaire

L’enseignement préprimaire pour la tranche d’âge de 3 à 5 ans demeure peu développé. Il est assuré, notamment dans les grandes villes du pays, par des jardins d’enfants qui en majorité sont des petites entreprises privées ; ils peuvent aussi relever de grosses entreprises publiques comme la Caisse nationale de sécurité sociale. Le taux de préscolarisation dans les jardins d’enfants sous la tutelle du Secrétariat d’Etat à la condition féminine (SECF) est encore très faible. Le Secrétariat d’Etat à l’alphabétisation et à l’enseignement originel recense à son tour 54.009 enfants dans les mahadras exclusivement coraniques fréquentées, à l’opposé d’autres types de mahadras, par des enfants en bas âge. (MEN, 1999).

Enseignement primaire

L’accès à l’enseignement fondamental est ouvert aux enfants âgés de 6 ans au moins et de 9 ans au plus ; la durée des études est de six ans. Deux redoublements sont autorisés. La scolarité dans l’enseignement primaire, comme déjà mentionné, est obligatoire. L’âge limite de maintien dans cet ordre d’enseignement est de 16 ans. Le certificat d’études fondamentales (CEF) sanctionne les études primaires. Le passage du primaire au secondaire se fait sur concours.

Enseignement secondaire

Il n’y a pas d’âge minimal d’accès à l’enseignement secondaire et l’âge maximal est de 14 ans. Il n’est permis qu’un seul redoublement au collège et un seul redoublement au lycée, ce qui porte l’âge maximal de maintien dans l’enseignement secondaire à vingt ans. Le premier et le second cycle de l’enseignement secondaire ont chacun une durée de trois ans. Les études sont sanctionnées par le brevet du premier cycle (BEPC) et le baccalauréat (second cycle). L’âge minimal d’accès à l’enseignement secondaire technique est de 16 ans et l’âge maximal est de 30 ans. L’enseignement secondaire technique comporte deux filières. L’accès à la filière dont les études sont sanctionnées par le brevet d’enseignement professionnel (BEP) est réservé aux titulaires du BEPC ou aux candidats justifiant du niveau de l’une des trois classes du  second cycle secondaire. L’accès à la filière dont la formation est sanctionnée par le brevet de technicien (BT) est réservé aux seuls candidats justifiant d’un niveau de terminale, à savoir la dernière année du second cycle de l’enseignement secondaire. La durée de la formation est de deux ans.

Il n’existe pas d’âge minimal ou maximal défini pour l’accès à l’enseignement supérieur. Cependant la limitation du nombre de places dans les établissements d’enseignement supérieur fait que la priorité est accordée à l’inscription des nouveaux bacheliers et que ceux dont les baccalauréats sont anciens de plus de trois ans ne peuvent être inscrits que par dérogation expresse accordée par le premier responsable de l’établissement. La durée des études dans l’enseignement supérieur est de deux à quatre ans. Le passage du secondaire au supérieur est conditionné par la réussite au baccalauréat.

Chaque année, un arrêté du Ministère de l’éducation définit, pour les enseignements primaire et secondaire, la durée et la répartition de l’année scolaire ainsi que les dates des examens. Pour l’enseignement supérieur, le rectorat définit annuellement la durée de l’année académique et sa répartition. En général, cette durée est de neuf mois pour les trois ordres d’enseignement, étalés d’octobre de l’année en cours à juin de l’année suivante, et répartis en trois trimestres séparés par deux repos d’environ dix jours chacun, en décembre-janvier et mars-avril.

Le financement de l’éducation

Le financement de l’éducation provient essentiellement des trois sources : l’Etat, les populations et les promoteurs d’écoles privées. Soulignons toutefois la contribution des populations au coût de construction des salles de classe et la part importante des dépenses qu’elles consacrent à l’éducation de leurs enfants. Cependant, il n’existe pas de données précises sur la part de l’éducation dans le budget des ménages et sur les finances de l’enseignement privé.

Aussi, les données qui suivent se rapportent aux seules dépenses publiques d’éducation engagées par le Ministère de l’éducation nationale ou dans le cadre des différents projets d’investissement public dans le secteur de l’éducation.

En ce qui concerne les dépenses publiques de l’éducation, le tableau ci-dessous donne l’évolution de ces dépenses par rapport au produit intérieur brut (PIB) entre 1985 et 1991.

Année

1985

1986

1987

1988

1989

1990

1991

% PIB

4,0

3,0

3,0

3,0

3,0

2,5

2,5

Source : Office national de la statistique.

Les tableaux ci-après retracent l’évolution du budget de l’éducation dans le budget général, fonctionnement et investissement, et de fonctionnement de l’Etat entre 1991 et 1995.

Evolution du budget de l’éducation dans le budget prévisionnel général de l’Etat

 

1991

1992

1993

1994

1995

% budget Education/Etat

13,87 %

13,38 %

14,54 %

16,21 %

16,06 %

Source : Direction du budget et des comptes, Ministère des finances.

Evolution du budget de l’éducation dans le budget exécuté de fonctionnement de l’Etat, reclassé en nomenclature sectorielle

 

1991

1992

1993

1994

% budget Education/Etat

27,5 %

28,8 %

22,6 %

29,0 %

Source : Direction du plan, Ministère du plan.

A ces dépenses s’ajoutent celles, difficilement quantifiables, engagées par les ministères autres que le MEN et par les institutions qui interviennent dans l’éducation. Il convient de noter que des départements comme le ministère des pêches, celui du développement rural et celui de la santé engagent d’importantes dépenses de formation, notamment en équipement.

Le tableau ci-dessous reflète l’évolution, entre 1991 et 1995, du pourcentage des différents ordres d’enseignement dans le budget de fonctionnement de l’éducation.

 

1991

1992

1993

1994

1995

Primaire

34,16

35,93

37,62

38,45

40,42

Secondaire

31,41

32,09

33,65

32,05

31,43

Supérieur

24,25

21,99

19,54

20,82

20,36

Autres (*)

10,18

9,99

9,19

8,68

7,79

(*) Enseignement technique, secondaire normal, services généraux.

En ce qui concerne l’enseignement privé par niveau d’enseignement, les données relatives à ces dépenses ne sont pas disponibles. Cependant pour l’année scolaire 1994-1995 on peut, à travers le nombre d’élèves inscrits dans les établissements privés d’enseignement (à savoir 3.891 au primaire et 2.129 au secondaire), les estimer à plusieurs dizaines de millions d’ouguiya (monnaie nationale).

Pour ce qui est de la répartition, selon l’origine, du financement de l’enseignement supérieur public, il  convient de noter que les frais d’inscription dans les établissements d’enseignement supérieur sont soit inexistants pour le CSET et l’ISERI, soit dérisoires pour l’université et l’ENS ; aussi la principale source de financement de cet ordre d’enseignement demeure la dotation budgétaire accordée par l’Etat sous forme de subvention de fonctionnement et de contrepartie nationale aux financements sur ressources extérieures.

Entre 1991 et 1998, les dépenses publiques au niveau de l’enseignement fondamental ont enregistré un accroissement moyen annuel de 13,3 %, contre 4,1 % entre 1986 et 1990. Le budget de l’enseignement fondamental, dont la part représente 49,6 % du budget de l’éducation, consacre très peu de dépenses (environ 3 %) aux fournitures scolaires et équipements pédagogiques. L’aide extérieure qui prend en charge la quasi-totalité de ce volet ne peut constituer une solution durable.

L’enseignement normal est entièrement pris en charge par le Ministère de l’éducation qui lui consacre un peu plus de 1,8 % de son budget soit 92 millions d’ouguiya pour l’exercice 1999 contre 83 millions en 1990. Le budget de l’enseignement technique représente un peu moins de 3 % du budget de l’éducation soit 201 millions d’ouguiya en 1998.

Comme les autres ordres d’enseignement, les établissements d’enseignement supérieur sont intégralement financés par l’Etat et jouissent d’une autonomie financière. Le budget alloué à l’enseignement supérieur – relevant du Ministère de l’éducation nationale – représente 20 % du budget de l’Education, soit 1.250 millions d’ouguiya en 1999. (MEN, 1999).

Le processus éducatif

Il est à noter que les programmes sont définis au niveau central ; de ce fait, il n’y a  pas de matières décidées au niveau régional ou local par les écoles, les collèges et les lycées. Dans une perspective d’un enseignement de base de neuf ans visant à promouvoir auprès de l’élève les valeurs de la société mauritanienne, l’approche par les compétences semble le meilleur moyen de garantir la réussite pour tous. L’objectif visé à travers cette méthode étant de prendre en charge l’élève selon son rythme d’apprentissage et lui permettre de faire face concrètement aux situations quotidiennes qui se présentent à lui en vue de le préparer à entrer dans la vie active. Les principes de type d’apprentissage et de programme étant de : a) mettre l’accent sur ce que l’élève doit maîtriser à l’issu de chaque niveau plutôt que voir ce que l’enseignant doit enseigner ; b) apprendre à l’enfant à situer les apprentissages par rapport à des situations qui ont du sens pour lui et à utiliser ses acquis dans ces situations ; et c) certifier les acquis de l’élève en termes de résolution de situations concrètes. (MEN, 2004).

L’enseignement préprimaire

Au niveau du préscolaire, le nombre d’enfants (âgés de 0-6 ans) est estimé, en 2000, à 270.319 dont 3,4 % seulement fréquentaient une structure d’accueil préscolaire. Ce taux a atteint 4,7 % en 2003, ce qui représente une nette amélioration par rapport à l’année 2000. En 2003, le nombre d’inscrits a atteint selon les services du SECF 12.689 enfants.

            Les établissements de garde structurés dominants sont des jardins d’enfants publics, des jardins d’enfants privés et les garderies communautaires. Les jardins d’enfants publics sont au nombre de 12, accueillant 1.116 enfants. Les jardins privés sont estimés à 135 accueillant 4.200 enfants. Egalement, dans quelques régions du pays il y a des garderies communautaires. On estime ces structures à 67, accueillant 7.050 enfants.

L’enseignement primaire

Au niveau primaire, les matières enseignées varient selon les filières. Dans la filière arabe, l’enseignement  est dispensé en arabe. Les matières enseignées sont les suivantes : langue, mathématiques, français (à partir de la troisième année), éducation religieuse, étude du milieu (à partir de la troisième année), travaux manuels, dessin, éducation physique, histoire et géographie (à partir de la cinquième année), sciences naturelles (à partir de la cinquième année), éveil sanitaire et nutritionnel (en première et deuxième années uniquement), et éducation civique.

Dans la filière bilingue, l’enseignement  est dispensé en français. Les matières enseignées sont les suivantes : langue, mathématiques, arabe, éducation islamique (en arabe), étude du milieu (à partir de la quatrième année), travaux manuels, dessin, éducation physique, histoire et géographique (à partir de la cinquième année), sciences naturelles (à partir de la cinquième année), éveil sanitaire et nutritionnel (jusqu à la troisième année uniquement), et éducation civique.

La première année est commune aux deux filières ; ce n’est qu à son issue que les enfants sont orientés vers la filière arabe ou la filière bilingue.

Dans la filière expérimentale primaire, les mêmes disciplines sont enseignées en langues nationales.

En 1994-1995, 95,9 % des élèves du fondamental étaient scolarisés en filière arabe, 3,5 % dans les divisions pédagogiques bilingues et 0,7 % dans les classes expérimentales en langues nationales.

L’enseignement fondamental a connu une croissance accélérée des effectifs qui sont passés de 166.036 élèves en 1990-1991 à 346.222 élèves en 1998-1999, ce qui correspond à un taux d’accroissement moyen annuel de 9,62 %. Le taux brut de scolarisation est passé de 46,8 % en 1990-1991 à 86 % en 1998-1999, soit un accroissement moyen annuel de 7,9 %. Le taux net de scolarisation est passé de 50,1 % en 1993-1994 à 63 % en 1998-1999. (MEN, 1999). L’effectif des élèves a continué à augmenter en passant de 360.677 élèves en 2000-2001 à 394.400 élèves en 2002-2003, soit un accroissement global de 9,3 %. Grâce à un taux brut d’admission (TBA) soutenu (supérieur à 90 % depuis 2000), le taux brut de scolarisation (TBS) est passé de 86,4 % en 2000 à 91,7 % en 2003. Le pourcentage d’écoles à cycle complet a légèrement augmenté de 16,5 % en 2001-2002 à 17,2 % en 2002-2003. Cette évolution a permis, en partie, la progression du taux de rétention durant cette période pour se situer à 47,3 % en 2002-2003. (MEN, 2004).

La scolarisation des filles est en croissance régulière, son taux étant passé de 34 % en 1987-1988 à 65,1 % en 1993-1994. Durant cette même année, l’effectif des filles représentait 44,79 % de l’effectif total (49,1 % en 2002-2003). En 1995-1996, l’effectif des filles était de 133.492, soit une augmentation de 9,42 % par rapport à l’année précédente, alors que celui des garçons, de 158.367, n’a augmenté que de 6,56 %. Le taux global d’accroissement de 1994-1995 à 1995-1996 est de 7,77 %.

Le système d’évaluation comporte des interrogations écrites et orales, mais aussi des devoirs à faire à la maison. Le certificat d’études fondamentales (CEF) sanctionne les études primaires. Le passage de l’enseignement primaire au niveau secondaire se fait sur examen-concours dénommé concours de fin de cycle fondamental.

Le taux national moyen d’abandon scolaire prend en compte les abandons dans les établissements privés, excepté pour l’enseignement secondaire technique. Au niveau de l’enseignement primaire, le taux national moyen d’abandon était de 10,25 % au cours de l’année scolaire 1993-1994 (MEN, Annuaires des statistiques scolaires et universitaires 1993-1994). Signalons que ce taux est plus important chez les filles que chez les garçons.

En 1993-1994, le taux de redoublement scolaire était de 16,45 % dans l’enseignement primaire (15,92 % chez les garçons et de 17,10 % chez les filles). Le redoublement est plus important dans les deux dernières classes du primaire. Ainsi, le taux de redoublement en cinquième et sixième année était respectivement de 17,26 % et 33,72 % chez les garçons, et de 18,56 % et 37,97 % chez les filles. Le taux de redoublement est passé de 18% à 15,9 % entre 2000-2001 et 2002-2003. Pour ce qui est du taux de passage (taux de promotion) au niveau du primaire, ce taux, calculé pour les années scolaires 1992-1993 et 1993-1994, se présente comme suit :

·        de la première à la deuxième année : 76,5 % ;

·        de la deuxième à la troisième année : 78,8 % ;

·        de la troisième à la quatrième année : 75,1 % ;

·        de la quatrième à la cinquième année : 77,9 % ;

·        de la cinquième à la sixième année : 77,2 % ; et

·        de la sixième à la première année du secondaire : 37,5 % (ce taux est passé à 39,43 % en 1995).

Au niveau du primaire, le nombre moyen d’élèves par classe était de 52,1 en 1993-1994. Cependant cette moyenne nationale cache d’importants écarts entre les régions et entre les zones urbaines et rurales. Ainsi, le ratio élèves-classe est inférieur à 40 dans deux wilaya, compris entre 40 et 50 dans six autres et entre 50 et 60 dans une autre, alors qu’il varie entre 65 et 72 dans deux autres et est de près de 89 à Nouakchott. Le ratio élèves/enseignant au niveau du fondamental est passé de 39 en 2001-2002 à 41 en 2002-2003.

L’enseignement secondaire

Au niveau de l’enseignement secondaire général, les matières enseignées sont, comme pour le primaire, les mêmes dans la filière arabe et dans la filière bilingue. Elles différent entre le premier et le second cycle.

Au collège, sont enseignées l’arabe et le français, les mathématiques, l’histoire et la géographie, l’instruction civique, morale et religieuse, la technologie et l’éducation physique.

Au lycée, les matières enseignées sont, en plus de celles dispensées au collège, exceptée la technologie, l’anglais, la philosophie, la physique et la chimie. On y distingue les quatre séries suivantes :

·        la série littéraire, où les matières de base sont les lettres modernes, arabes ou françaises selon l’option, la philosophie, l’histoire et la géographie ;

·        la série sciences de la nature, où les matières essentielles sont les sciences naturelles, la physique-chimie et les mathématiques ;

·        la série mathématiques, où les disciplines de base sont les mathématiques, la physique-chimie et la langue d’enseignement, arabe ou français selon la filière ;

·        la série sciences originelles dont les enseignements sont dispensées en arabe et où les matières de base sont le droit musulman, le Coran et la langue arabe.

Au niveau de l’enseignement secondaire général, la filière arabophone a accueilli, en 1994-1995, 82,3 % des effectifs, alors que la filière bilingue en a accueilli 17,7 %. Pour ce qui est de l’enseignement secondaire technique, la répartition, en 1994-1995, est la suivante : filières arabes 56,61 %, filières bilingues 43,39 %.

En 1998-1999, l’enseignement secondaire général accueillait 60.069 élèves dont 41 % de filles. Le nombre d’élèves ayant accédé au secondaire en 1998-1999 a atteint 14.701, soit un taux de transition de l’ordre 35,3 %. Les modalités de transition du cycle fondamental à l’enseignement secondaire posent un problème d’équité et d’efficacité. Un quota fixé uniformément pour toutes les régions conduit, selon le cas, soit à refuser l’admission d’élèves aptes à poursuivre des études secondaires (score supérieur à la moyenne), soit à admettre des élèves dont les performances sont en deçà de la moyenne exigée. (MEN, 1999). Les effectifs d’élèves sont passés de 74.742 élèves en 2000-2001 à 81.838 élèves en 2002-2003, soit une croissance de 9,5 % sur la période. Le nombre de nouveaux entrants en première année secondaire (1AS) a augmenté de 2.852 élèves entre 2001-2002 et 2002-2003, passant ainsi de 16.380 à 192.32 élèves dont 45,9 % filles. En effet, le taux de transition effectif en 1AS a connu une augmentation de 11 points entre 2001-2002 et 2002-2003, en passant de 52,8 % à 64 %. (MEN, 2004).

Le système d’évaluation comprend des exposés, des examens partiels trimestriels, des travaux dirigés et travaux pratiques, et des examens finaux. Le brevet d’études du premier cycle (BEPC) sanctionne quant à lui le premier cycle secondaire. L’obtention du BEPC ne donne cependant pas l’accès au second cycle qui est lié à l’obtention d’une moyenne générale suffisante en classe de troisième.

L’enseignement secondaire technique est dispensé dans quatre établissements qui totalisaient, en 1998-1999, 1.677 élèves répartis dans les spécialités industrielles, navales, commerciales et assimilées. L’accroissement moyen des effectifs au cours de cinq dernières années est de 4,5 %. L’enseignement secondaire technique comporte deux filières. L’accès à la filière dont les études sont sanctionnées par le brevet d’enseignement professionnel (BEP) est réservé aux titulaires du BEPC ou aux candidats justifiant du niveau de l’une des trois classes du  second cycle secondaire.  L’accès à la filière dont la formation est sanctionnée par le brevet de technicien (BT) est réservé aux seuls candidats justifiant d’un niveau de terminale, à savoir la dernière année du second cycle de l’enseignement secondaire. La formation est de deux ans. L’effectif des élèves inscrits dans les établissements d’enseignement secondaire technique relevant du Ministère de l’éducation nationale est passé de 1.893 en 2000-2001 à 1.820 en 2002-2003. Le taux de participation de filles avoisine le 30 % en 2002-2003 (MEN, 2004).

Au niveau de l’enseignement secondaire, le taux national moyen d’abandon était de 11,96 % au cours de l’année scolaire 1993-1994 (11,18 % chez les filles et 12,4 % chez les garçons).

Pour l’enseignement secondaire général, le taux de redoublement était, en 1993-1994, de 13,11 % (12,64 % chez les filles et 13,34 % chez les garçons). Chez les garçons, le redoublement est plus important en dernière et première année pour lesquelles son taux est respectivement de 35,96 % et 12,24 %. Chez les filles, le redoublement est le plus important en dernière et quatrième année, son taux y est respectivement de 34,16 % et 10,55 %. Dans l’enseignement secondaire technique, le taux de redoublement était, pour la même année, de 11,75 % (12,4 % chez les garçons et 8,84 % chez les filles). Entre 2000-2001 et 2002-2003, le taux de redoublement du premier cycle a légèrement augmenté en passant de 14 % à 14,2 %, alors que le taux de redoublement du second cycle a baissé de 4 points en passant de 21 % à 16,9 %. Le ratio élèves/enseignants au niveau du secondaire est passé passant de 29 à 28 entre 2000-2001 et 2002-2003.

Au niveau du secondaire, le taux de promotion est, en général, assez important entre la première et la deuxième année et entre la deuxième et la troisième des deux cycles. Il est cependant relativement bas entre la dernière année du premier cycle et la première année du second. Le taux de réussite à l’examen du baccalauréat de l’enseignement secondaire était de 18,3 % en 1994 et de 22,6 % en 1995. Au niveau du secondaire, le nombre moyen d’élèves par classe était de 46,1 en 1993-1994. Pour ce qui est de l’enseignement technique, les taux de passage entre les trois années sont, en général, assez importants. Le taux de réussite aux examens du BEP et du BT était de 67 % en 1995.

          La loi 99-012 portant réforme du système éducatif a été promulguée le 26 avril 1999. La réforme s’articule autour des principaux axes suivants : l’unification du système éducatif par la mise en place d’une filière unique ; le renforcement de l’enseignement du premier cycle secondaire par l’ajout d’une année supplémentaire et de l’enseignement scientifique par l’introduction des sciences physiques et de l’informatique ; et le renforcement de l’enseignement des langues étrangères (Français, Anglais). La mise en place d’un enseignement secondaire rénové de qualité passera par les mesures suivantes : l’amélioration de la qualité de l’encadrement pédagogique et administratif (formation des inspecteurs et chefs d’établissements) ; la réduction du rapport élève-maître de 36 à 31 ; l’adaptation des programmes d’enseignements par l’introduction de matières préparant davantage à la vie active ; l’amélioration de la production et de la diffusion des supports pédagogiques ; le renforcement des structures de formation initiale et continue des personnels enseignants ; et le développement de pratiques d’évaluation dans les classes.

     La réforme touche l’enseignement secondaire à la rentrée 2004, et sa mise en place s’étendra jusqu’à la rentrée 2007 pour le premier cycle secondaire. Cette opération implique : la programmation de la gestion des ressources humaines (recrutements et formations tenant compte des nouvelles exigences linguistiques) ; le renforcement de l’enseignement des langues secondes pour les cohortes précédant la mise en place de la réforme ; la refonte des programmes tenant compte des modifications des curricula dans l’enseignement fondamental, de l’allongement du premier cycle, de la réorientation de ses objectifs, et des changements linguistiques ; et la production et la diffusion programmées des outils pédagogiques. L’introduction progressive d’une éducation de base comprenant le fondamental et le premier cycle du secondaire, implique une réorganisation de ce cycle. La quatrième année du premier cycle du secondaire, introduite par la réforme à partir de 2007, devant être une année de préparation et d’orientation sans possibilité de redoublement.

L’évaluation des résultats d’apprentissage au niveau national

Une évaluation des acquis scolaires intervenue à la fin des années 80 a révélé que le niveau des élèves de la sixième année fondamentale est satisfaisant en mathématiques et en première langue (arabe pour la filière arabe, français pour la filière bilingue). Cependant, l’expansion rapide des effectifs scolaires n’a pas été accompagnée des améliorations qualitatives nécessaires, entraînant une dégradation des conditions d’études et probablement une détérioration de la qualité des apprentissages. Une récente évaluation portant sur le niveau d’acquisitions des programmes scolaires confirme cette hypothèse, puisque les taux de réussite aux épreuves en cinquième année fondamentale ne dépassent 40 % dans aucune des disciplines testées :

Taux de réussite aux épreuves en cinquième année fondamentale (en %)

 

Mathématique

Etude du milieu

Arabe

Français

Filière arabe

26,0

33,5

36,8

22,4

Filière bilingue

27,7

26,6

8,3

24,6

Source : MEN, 1999.

Au demeurant, on sait que le taux de promotion de la cinquième à la sixième année est de 70,8 % et que 35,3 % seulement des élèves qui terminent l’enseignement fondamental accèdent à l’enseignement secondaire pour davantage des raisons liées à leurs propres performances qu’à la capacité d’accueil de ce niveau d’enseignement. (MEN, 1999).

L’enseignement supérieur

Les établissements locaux d’enseignement supérieur, à l’exception des facultés, sont gérés, en tant qu’établissements publics à caractère administratif, par des conseils d’administration, des comités de gestion et un directeur.

Les compétences des conseils d’administration, des comités de gestion et des directeurs sont définies par l’ordonnance n° 90-09 du 04 avril 1990 sur les établissements publics, des sociétés à capitaux publics et régissant les relations entre ces entités et l’Etat. Le décret n° 90-118 du 19 août 1990 fixe la composition, l’organisation et le fonctionnement des organes délibérants des établissements publics, et les décrets créant les établissements.

L’enseignement supérieur est dispensé dans trois établissements sous tutelle du MEN (l’Université de Nouakchott et ses trois facultés, l’Ecole normale supérieure–ENS, et le Centre supérieur de l’enseignement technique–CSET) qui assurent la formation des cadres de haut niveau dont une partie est recrutée par l’administration publique. L’Université de Nouakchott est un établissement public à caractère administratif. La gestion administrative et financière des trois facultés relève donc du conseil d’administration de l’université, de son comité de gestion et du recteur. La gestion académique de chaque faculté relève du doyen de la faculté, assisté d’un secrétaire général. L’Université de Nouakchott abrite depuis quelques années un projet de développement des nouvelles technologies de l’information et un Centre de ressources informatiques (CRI). L’ordinateur est aujourd’hui utilisé couramment dans la quasi-totalité des services de l’administration publique et des entreprises privées. Le nombre d’usagers de l’Internet est estimé à prés de 1.500 en 1999. (MEN, 1999).

La Faculté de sciences et techniques de l’Université comporte un premier cycle de deux ans conduisant au Diplôme d’études universitaires générales (DEUG) dans les sections mathématiques-physique (MP), physique-chimie (PC), et biologie-géologie (BG). Le deuxième cycle comporte également deux années d’enseignement sanctionnées par un diplôme de maîtrise. L’accès en première année s’effectue par sélection sur dossiers dans la limite des places disponibles, aux titulaires d’un baccalauréat scientifique ou technique. L’ENS forme les personnels enseignants des écoles, collèges et lycées (cycles du primaire et du secondaire). En 1999-2000, 266 élèves professeurs se répartissent en : mathématiques-physique (37), Arabe études islamiques (40) lettres modernes françaises (30), Anglais (29), histoire-géographie (30), sciences naturelles (30), enfin 30 inspecteurs en fondamental arabe, 22 en fondamental bilingue et 18 en fondamental français. Le CSET assure des formations professionnelles courtes à Bac + 2, dans les domaines du tertiaire (secrétariat, bureautique, assistant gestion PME-PMI), et pour les métiers du technique (mécanique, électricité, froid - climatisation, maintenance …).

Le bénéfice des bourses d’enseignement supérieur et de l’enseignement technique moyen à l’étranger est subordonné à certaines conditions définies par le décret n° 93-031 du 6 février 1993, fixant les modalités d’attribution des bourses de l’enseignement supérieur, de l’enseignement technique moyen et des stages de perfectionnement en Mauritanie et à l’étranger. En 1999-2000, les effectifs étudiants sont de l’ordre de 15.400, dont 11 % de filles, répartis entre la formation supérieure à l’étranger qui profite à environ 2.700 étudiants et les établissements nationaux d’enseignement supérieur qui accueillent quelques 12.700 étudiants.

En ce qui concerne les méthodes d’évaluation du rendement des établissements, deux types d’évaluation sont utilisées : l’évaluation de l’efficacité interne et celle de l’efficacité externe. L’efficacité interne se mesure par le nombre d’inscrits reçus aux examens de passage en classe supérieure ou des examens de sortie de l’enseignement supérieur. L’efficacité externe se mesure par les taux d’insertion dans la vie active des diplômés de l’établissement.

Les taux d’efficacité interne et externe sont plus importants pour les établissements qui dispensent des formations à caractère technique, scientifique ou professionnel (Centre supérieur d’enseignement technique, Institut supérieur scientifique et Ecole normale supérieure). Ils sont modestes pour les facultés (faculté des sciences juridiques et économiques et faculté des lettres et sciences humaines).

L’adéquation de la formation supérieure aux besoins du marché de l’emploi dépend de la nature de la formation. On peut dire, de façon générale, que les formations techniques, scientifiques et professionnelles sont plus prisées par le marché du travail que les formations juridico-économiques et celles de sciences humaines ou à caractère littéraire.

Il faut noter par ailleurs qu’il existe deux autres établissements d’enseignement supérieur sous la tutelle du Ministère de la culture et de l’orientation islamique et du Ministère de la fonction publique, du travail, de la jeunesse et des sports. Il s’agit respectivement de l’Institut supérieur d’études et de recherche islamique (ISERI) et de l’Ecole nationale d’administration (ENA). (MEN, 1999).

L’éducation spéciale

L’éducation spéciale reste peu développée en Mauritanie. Les rares programmes qui existent sont ceux mis en œuvre par la Direction des affaires sociales (DAS), au Ministère de la santé et des affaires sociales, pour les enfants handicapés tels que les sourds, les muets et les aveugles, et les enfants de la rue.

Les enfants handicapés suivent une éducation spéciale dans un centre d’enseignement spécial, créé en 1976, qui assure des enseignements de base semblables à ceux assurés par les écoles primaires. Les effectifs sont généralement de 30 élèves.

A l’issue des études dans ce centre, les enfants handicapés peuvent se présenter à l’examen-concours d’entrée en première année de l’enseignement secondaire. Il sont, dans ce cas, accueillis dans les collèges publics ou privés et suivis par des éducateurs spécialisés rattachés à la DAS. Sept anciens élèves du centre ont été reçus ces dernières années à l’examen du baccalauréat de l’enseignement secondaire.

Pour les enfants de la rue, la DAS anime un centre de protection de l’enfance et des foyers des enfants de la rue.

Le centre de protection de l’enfance est une structure qui accueille les enfants en danger moral, et qui réalise des études sur l’enfance en situation difficile. A l’issue d’une période d’observation dont la durée varie selon le cas, et après concertation éventuelle avec les familles des intéressés, les enfants sont orientés, en fonction de leur âge, vers les foyers des enfants de la rue pour les enfants de sept à douze ans, ou vers les établissements de formation professionnelle pour les enfants de plus de douze ans.

Les foyers des enfants de la rue sont des foyers « familiaux » qui assurent la nourriture, l’hébergement et une éducation de base traditionnelle et moderne. En 1996, les sept centres, tous à Nouakchott, accueillent chacun treize enfants.

La DAS anime également, en collaboration avec l’administration pénitentiaire, un centre d’éducation en milieu fermé où les enfants purgeant des peines d’emprisonnement sont suivis par des éducateurs spécialisés et bénéficient d’une formation professionnelle  susceptible de leur ouvrir l’accès à l’emploi à l’issue de leur période de détention. L’effectif de ce centre est en moyenne de 60 à 70.

Les structures d’éducation spéciale bénéficient de l’appui du ministère chargé de la jeunesse, du SECF, et de certaines associations caritatives nationales et internationales.

L’enseignement privé

En Mauritanie, l’enseignement privé existe depuis peu, dans la mesure où il n’a été autorisé qu’en septembre 1981. En progression, il tente de s’organiser dans le cadre de l’Association des écoles privées de Mauritanie (AEPM) qui regroupait, en 1995, vingt établissements d’enseignement général (primaire et secondaire).

Les bases légales de l’enseignement privé sont  les lois et décrets qui lui sont spécifiques, et les textes de base de l’enseignement public qui lui sont applicables dans leurs grandes lignes.

Les textes spécifiques à l’enseignement privé sont les ordonnances n° 81-212 du 22 septembre 1981 sur l’enseignement privé, et n° 88-049 du 20 avril 1988 déterminant le régime douanier applicable aux établissements d’enseignement privé régis par l’ordonnance n° 81-212.

La première ordonnance définit le concept de l’école privée et fixe les conditions d’ouverture et de contrôle des établissements d’enseignement privé primaire, secondaire, technique et professionnel, ainsi que les conditions de délivrance des diplômes et titres. Deux décrets d’application, n° 82-015 bis et n° 82-016 du 12 février 1982 précisent les modalités pratiques d’application de l’ordonnance 81-212 du septembre 1981, toutefois, ils n’ont pas encore vu le jour.

La gestion des établissements est une gestion privée, les autorités éducatives centrales assurent le contrôle administratif et pédagogique. Les établissements privés sont, dans leur grande majorité, des établissements d’enseignement primaire et secondaire général. Il existe quelques rares établissements d’enseignement technique et professionnel qui assurent une formation en comptabilité et en bureautique-informatique. Il n’existe pas encore d’établissements privés d’enseignement supérieur. Les programmes sont les mêmes que ceux en vigueur dans les établissements de l’enseignement public.

En 1995, les vingt établissements privés d’enseignement primaire et secondaire regroupés dans le cadre de l’AEPM totalisaient 6.020 élèves et employaient 191 instituteurs et 286 professeurs, dont respectivement 141 et 39 permanents. A ces effectifs s’ajoutent ceux des établissements d’enseignement général non affiliés à l’association et ceux des établissements privés d’enseignement technique et professionnel.

Moyens d’instruction, équipement et infrastructure

Au niveau des insuffisances, il convient de noter qu’il n’existe pas de transport scolaire et l’hébergement en pension a cessé d’exister depuis quelques années.

Par ailleurs, au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, les locaux ne sont pas suffisants. Des programmes de construction de salles de classe sont mis en œuvre depuis plusieurs années, notamment sur financement extérieur. La décennie 90 a vu le nombre de salles de classes enregistrer une croissance rapide grâce au programme d’appui pour les constructions scolaires institué par le projet « Education III » et poursuivi par le Projet V. Le programme a déjà construit et /ou réhabilité plus de 2.000 salles de classe. (MEN, 1999).

En revanche, il existe un vaste réseau de cantines scolaires dont l’objectif est l’amélioration des capacités d’accueil et des conditions d’études dans l’enseignement primaire, à travers la fourniture d’une alimentation équilibrée aux enfants, notamment en milieu rural.

Au niveau de l’enseignement primaire, les manuels scolaires sont généralement disponibles à des prix modiques sur toute l’étendue du territoire national grâce aux Instituts pédagogiques régionaux. Il est à noter que les fournitures scolaires et les manuels sont en partie à la charge des élèves et étudiants.

Aux autres niveaux d’enseignement, malgré l’existence de bibliothèques, il existe une réelle insuffisance de manuels et de moyens tels que les outils informatiques, les rétroprojecteurs, et autres matériels. Toutefois, les élèves des établissements publics d’enseignement technique bénéficient d’une aide financière de l’Etat pour l’acquisition des outils et matériels nécessaires à leurs études.

En ce qui concerne la production et l’importation des manuels scolaires, pour les niveaux  primaire et secondaire, ils sont conçus et produits par l’IPN, en concertation avec les services concernés de l’administration centrale du MEN. Leur impression est réalisée soit localement à l’imprimerie scolaire de l’IPN, soit dans le cadre de marchés d’édition.

Pour l’enseignement technique et le supérieur, la plupart des manuels sont importés.

Education des adultes et éducation non formelle

L’éducation non formelle se résume essentiellement à celle mise en œuvre dans le cadre des mahadra et des programmes d’alphabétisation. Le passage du système d’éducation non formelle au formel est assez fréquent. Le passage inverse existe aussi.

Pour l’alphabétisation des adultes, les inscrits dans les centres sont passés de 31.578 en 1987 à 185.194 en 1995 ; ceci correspond à une croissance moyenne annuelle de 24,7 %. Le nombre des femmes s’élève à 108.779 soit 58,7 % de l’effectif total. Le nombre des personnes effectivement alphabétisées est de 141.140 dont 76.372 femmes. Le taux d’efficacité globale est de 76,2 %. Le pourcentage des femmes alphabétisées est 70,2 %. Les femmes enregistrent les meilleures performances aussi bien au niveau des effectifs qu’au niveau de la réussite.

Par ailleurs le taux d’analphabétisme est tombé de 61,8 % en 1988 à 49,2 % en 1995, confirmant ainsi l’impact des campagnes d’alphabétisation entreprises en direction des populations concernées. De 1987 à 1997 plus de vingt campagnes d’alphabétisation ont été organisées. Les centres d’alphabétisation ont vu leur nombre passer de 227 en 1986-1987 à 937 en 1996-1997. (MEN, 1999).

A moyen terme, l’objectif est de ramener le taux d’analphabétisme à 20 % en 2004. A cet effet, la stratégie d’alphabétisation s’articulera autour de quatre axes principaux : a) le renforcement des moyens financiers et logistiques ; b) le renforcement des compétences du personnel alphabétiseur et des responsables des structures chargées de la conception, de la programmation et du suivi et l’évaluation des programmes d’alphabétisation ; c) l’amélioration des programmes et des curricula ; et d) une plus grande mise à contribution des mahadras à l’effort d’alphabétisation, grâce à l’encadrement, à la formation et à l’appui logistique. Cette stratégie visera une meilleure implication des organisations de la société civile dans la définition, l’exécution et le suivi des programmes.

Le personnel enseignant

La formation initiale des enseignants du primaire est effectuée dans les deux Ecoles normales d’instituteurs (ENI) de Nouakchott et d’Aïoun.  En 1993-1994, ces deux écoles ont accueilli respectivement 507 et 313 élèves-maîtres, soit un effectif total de 820, dont 798 ont été admis à l’examen de sortie. En 1994-1995, 680 élèves-maîtres ont terminé leur formation, et ont été répartis entre les wilaya à la rentrée 1995-1996. De 1990 à 1999, les deux ENI ont formé plus de 6.993 enseignants couvrant les besoins de remplacement et de recrutement des maîtres. Un programme visant à recruter des instituteurs adjoints de niveau BEPC plus un an de formation professionnelle vient d’être lancé. (MEN, 1999).

La formation des professeurs de l’enseignement secondaire est assurée par l’ENS qui, en 1993-1994 accueillait 52 élèves-professeurs et 60 élèves-inspecteurs de l’enseignement fondamental, dont respectivement quatre et trois filles. Sur les 52 élèves-professeurs, vingt-deux, dont quinze en seconde année, suivaient une formation de professeurs de mathématiques, alors que quinze, tous en première année, se destinaient à l’enseignement des lettres modernes, les quinze restants, dont deux filles en fin de formation, avaient choisi l’enseignement de l’histoire et de la géographie.

Pour enseigner dans une école primaire, il faut avoir suivi une formation d’instituteur ou d’instituteur-adjoint dans une ENI, sanctionnée par un certificat d’aptitude pédagogique (CAP). Cette formation dure deux années dont la seconde constitue une période d’essai préalable à la titularisation. Durant cette dernière année, l’élève-maître est nommé instituteur ou instituteur-adjoint stagiaire et non pas fonctionnaire.

L’accès à la formation d’instituteur est réservé, après concours, aux titulaires du baccalauréat ou d’un titre reconnu équivalent pour le concours des instituteurs. L’accès à la formation d’instituteur adjoint est réservé, après concours, aux titulaires du brevet du premier cycle de l’enseignement secondaire (BEPC) ou d’un diplôme reconnu équivalent.

Pour enseigner dans un collège, il faut avoir suivi une formation de professeur du premier cycle de l’enseignement secondaire à l’ENS, sanctionnée par un  certificat d’aptitude aux fonctions de professeur du premier cycle (CAPPC). Cette formation dure une année.

Pour enseigner dans un lycée, il faut avoir suivi une formation de professeur du second cycle de l’enseignement secondaire, à l’ENS, sanctionnée par un certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (CAPES). Cette formation dure deux années pour ceux qui accèdent par concours externe et quatre années pour les instituteurs qui accèdent par concours interne.

Les professeurs de l’enseignement secondaire technique et de l’enseignement supérieur sont recrutés par concours direct et sont nommés stagiaires pendant un an au moins. Il leur est exigé une formation minimale sanctionnée respectivement par un diplôme de fin d’études du deuxième cycle de l’enseignement supérieur, licence ou maîtrise, et un diplôme du troisième cycle de l’enseignement supérieur.

La formation des instituteurs et instituteurs adjoints ainsi que celle des professeurs des premier et second cycles de l’enseignement secondaire comporte des cours de pédagogie théorique et pratique, des cours de psychologie, de planification et  de statistiques, mais aussi de législation scolaire, de didactique et enfin des stages d’application.

La formation continue du personnel enseignant du primaire et du secondaire est assurée par l’Institut pédagogique national (IPN) qui, à cet effet, organise des séminaires, des ateliers et des journées pédagogiques, ainsi que des actions de formation à distance, par le biais d’émissions de télévision et radio scolaires et par l’édition d’une revue spécialisée.

En ce qui concerne les effectifs des enseignants aux différents niveaux d’enseignement, en 1994-1995, ils se présentaient comme suit :

·        niveau fondamental : 5.548 enseignants tous nationaux contre 4.780 en 1993-1994 ; 67,5 % sont arabophones, 19,1 % bilingues et 13,4 % francophones. 17 % des enseignants sont des femmes ; en 1995-1996, ce taux est passé à 21 %. Ces enseignants sont soit des instituteurs, soit des instituteurs adjoints ;

·        niveau secondaire : 1.919 enseignants, dont 41 étrangers. Le taux de féminisation des effectifs enseignants était de 9,2 % en 1993-1994. Ces enseignants sont soit des professeurs, soit des professeurs adjoints ;

·        niveau technique : 149 professeurs, dont 63,1 % de nationaux contre 60,4 % en 1993-1994 ;

·        niveau supérieur : 272 professeurs permanents, dont 219 nationaux, soit 80,5 %, auxquels s’ajoutent plusieurs enseignants vacataires. Les professeurs permanents sont classés en fonction de leur niveau de formation en quatre niveaux  : A1, A2, A3 et A4.

Les élèves-maîtres et les élèves-professeurs suivent une formation pédagogique importante, ainsi qu’une formation théorique et une formation pratique.

En ce qui concerne la charge de travail des enseignants, au niveau de l’enseignement primaire, elle est de trente heures par semaine. Pour l’enseignement secondaire et technique, l’horaire hebdomadaire enseigné est défini par le décret n° 69-218 du 17 juin 1969 qui fixe les minima de service hebdomadaire du personnel enseignant des établissements secondaires, de l’Institut national des hautes études islamiques, devenu l’ISERI,  et l’Ecole normale. Cet horaire se présente comme suit :

·        instituteurs ou professeurs de collège : 22 heures ;

·        professeurs licenciés ou certifiés : 18 heures ;

·        professeurs agrégés : 15 heures ;

·        directeurs des établissements de premier à quatrième : 12 heures ;

·        directeurs des établissements de cinquième à huitième : 8 heures ;

·        directeurs des établissements de plus de huit classes et directeurs des études : 6 heures.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le service hebdomadaire d’enseignement est fixé comme suit, en fonction du niveau des enseignants, par le décret n° 86-212 du 25 décembre 1986 :

·        niveau A1 : 12 heures ;

·        niveau A2 : 10 heures ;

·        niveau A3 : 8 heures ;

·        niveau A4 : 6 heures.

A ces horaires s’ajoute le nombre d’heures consacré à la préparation des cours et aux autres activités pédagogiques telles que la préparation des sujets des interrogations, des devoirs et des examens, ou la correction de travaux.

Le statut professionnel du personnel enseignant est régi par des normes de base définies dans loi n° 93-009 du 18 janvier 1993 sur le statut général des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat. Les statuts particuliers des différents corps enseignants sont en cours de révision ou d’élaboration pour les enseignants du secondaire technique, dans le cadre de la réforme de la politique de gestion des personnels de l’Etat. Cette réforme, dont les principaux axes sont fixés dans le nouveau statut de la fonction publique de la loi n° 93-009 du 18 janvier 1993, vise à améliorer les conditions des fonctionnaires, à travers une gestion des carrières, un système de rémunération et un régime de formation continue plus motivants et intégrant davantage le mérite individuel.

En ce qui concerne la formation des chefs d’établissements, des inspecteurs et du personnel para-enseignant, il y a lieu de préciser qu’elle n’est pas assurée dans le cadre d’une structure ad hoc, mais qu’elle se fait ponctuellement en atelier ou séminaire, ou sur le tas.

Recherche et information relatives à l’éducation

La recherche pédagogique est réalisée, pour les deux premiers niveaux d’enseignement, par l’Institut pédagogique national  (IPN) où il existe un service de l’évaluation et de la recherche pédagogique.

Références

Ministère de l’éducation nationale. Rapport national de la République islamique de Mauritanie. Conférence internationale de l’éducation, 45e session, Genève, 1996.

Ministère de l’éducation nationale. Le développement de l’éducation. Rapport national de la République islamique de Mauritanie. Conférence internationale de l’éducation, 47e session, Genève, 2004.

Ministère de l’éducation nationale. Inspection de l’enseignement fondamental. Programme de la quatrième année fondamentale. Nouakchott, édition 2002.

Ministère de l’éducation nationale. Education pour Tous : bilan à l’an 2000. Rapport national de la Mauritanie. Nouakchott, 1999.